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PROGRAMME D’ASSISTANCE DE L’UNFPA A LA RDC
I. CONTEXTE
La
situation actuelle du pays est caractérisée par la mise en place des
institutions démocratiques issues des élections , ce qui augure le
retour à un Etat de Droit en République Démocratique du Congo. Le pays
a connu des élections démocratiques au niveau présidentiel, législatif
et local, les premières depuis 40 ans. Ces élections marquent la fin
de quatre années de transition politique depuis la signature d’un
Accord de Paix le 17 décembre 2002, qui a mis fin à la guerre dont le
bilan est estimé à 4 millions des morts . Un nouvel ordre politique
s’est mis en place avec la promulgation de la Constitution de la
Troisième République le 18 février 2006, l’installation d’un
Gouvernement de large union nationale et l’élection d’un nouveau
parlement, d’une nouvelle territoriale et d’un Chef de l’Etat pour un
mandat de cinq ans.
Cette normalisation sur le plan politique a été accompagnée par la
validation du Document Stratégique de Croissance et de Réduction de la
Pauvreté (DSCRP) en juin 2006. Le document fait état de conditions de
vie particulièrement difficiles avec 70,68% de personnes vivant en
dessous du seuil de pauvreté et une espérance de vie de 46, 2 ans. La
qualité et l’accès aux services sociaux de base restent faibles. Le
taux de mortalité infantile est de 126 sur 1000 et le taux de
mortalité maternelle est de 1289 décès sur 100 000 naissances
vivantes. Le pays compte 1, 6 millions de déplacés internes et 450 000
ressortissants réfugiés dans les pays voisins. Cette précarité de la
situation humanitaire et sociale est exacerbée par une prévalence
élevée de la pandémie du VIH/sida à 4.5% et l’ampleur des violences
sexuelles dans le pays. Dans le cadre de la lutte contre les violences
sexuelles et sexo-spécifiques, la Constitution du 18 février 2006
prévoit dans ses articles 14 et 15 la parité homme et femme et lutte
contre les violences faites à la femme sous toutes leurs formes ainsi
que l’élimination des violences sexuelles utilisées comme arme de
déstabilisation ou de dislocation de la famille. Le 20 juillet 2006,
deux lois durcissant la répression des violences sexuelles ont été
promulguées.
II. L’UNFPA
EN R D CONGO
2.1
Défis et réalisations
UNFPA, Fonds des Nations Unies pour la Population est présent en
République Démocratique du Congo depuis 1978. Son premier programme
d’assistance a été mis en œuvre entre 1986 et 1990. Le second
programme couvrant la période 2002 -2006 a été prolongé jusqu’en en
2007 du fait de l’harmonisation des cycles. De 1991 à 2001l’UNFPA a dû
se contenter de financer des projets ponctuels et transitoires.
Le 2ème Programme de Coopération entre l’UNFPA et la RDC tire sa
pertinence d’un contexte politique de sortie de crise, de
reconstruction nationale et d’unification du pays. Mais aussi d’une
précarité des conditions de vie et de la situation socio-sanitaires, y
compris la santé de la reproduction, les violences sexuelles, les
déplacés internes, etc. Dans sa conception, le programme devait faire
face particulièrement à 5 défis majeurs relevés dans le domaine
Population, santé de la reproduction et développement, en
l’occurrence :
-
l’absence
de données pour la planification du développement dans différents
domaines (le dernier recensement général de la population date de
1984) et faible prise de conscience des enjeux Population et
Développement
-
le taux
élevé de mortalité maternelle et infantile
-
la
problématique de la santé sexuelle et reproductive des adolescents et
jeunes caractérisée par un fort taux d’avortements provoqués
clandestins, des grossesses précoces et non désirées, les IST
-
la
prévalence élevée du VIH/SIDA (près de 5%) avec une tendance plus
jeune et féminine
-
les
questions de genre y compris celles liées aux violences sexuelles
C’est en réponse à ces défis que l’UNFPA a conclu avec le Gouvernement
de la RDC son second programme d’assistance qui couvre la période
2002-2006.
L’UNFPA qui est présent dans les 11 provinces apporte, conformément à
son mandat, son appui au pays pour la résolution de ses problèmes.
D’un montant global de 30 Millions de dollars US dont 18, réguliers,
le Programme s’articule autour de deux sous-programmes : le
sous-programme Santé de la Reproduction et le sous-programme
Population et Développement. Il a aussi développé et co-exécuté un
projet conjoint de prévention et de réponse aux violences sexuelles
faites aux femmes, aux jeunes et aux enfants. Un volet transversal
mène des activités de Plaidoyer autour du projet RCP.
Au regard de chacun des challenges listés, des acquis substantiels ont
pu être réalisés.
Dans le volet Population et développement, il y a lieu de souligner
les réalisations aussi bien dans le domaine de la collecte des données
que par rapport au genre.
En matière de collecte des données, l’UNFPA a réussi a remettre sur
l’agenda public la question du recensement qui est actuellement en
phase préparatoire de même qu’il a aidé à la conduite de diverses
enquêtes et activités de collecte de données, particulièrement dans le
domaine de la SR du VIH et des violences sexuelles, dont l’enquête
démographique et de santé en cours grâce à un partenariat avec le
Gouvernement, DFID, l’USAID, CDC, et l’UNICEF.
Dans le domaine du Genre, outre les actions menées en appui au
Programme National pour la Promotion de la Femme Congolaise, l’UNFPA
s’est illustré par son engagement dans l’Initiative Conjointe de lutte
contre les violences sexuelles (IC) qui sous sa direction regroupe
tous les intervenants du domaine (Gouvernement, ONG nationales et
internationales, agences du Système des Nations Unies, partenaires
bilatéraux). En sa qualité de lead agence, l’UNFPA a aidé à la
mobilisation de ressources substantielles aussi bien auprès de
partenaires bilatéraux (Belgique, Canada, Allemagne, Nouvelle Zélande,
Espagne) que dans le cadre du Pooled Fund destiné aux interventions
humanitaires.
Des actions de plaidoyer menées en partenariat avec le Réseau des
Femmes Ministres et Parlementaires (REFAMP) et le Réseau des
Journalistes et Communicateurs en Population (RCP) ont contribué à
l’adhésion des plus hautes autorités du pays y compris le Chef de l’Etat
à la lutte contre l’impunité, les violences à l’égard des femmes, les
violences sexuelles en particulier. Une autre importante réalisation
dans le domaine du Genre a été l’inscription du principe de la parité
et de la lutte contre les violences sexuelles dans la constitution du
pays.
Au niveau de la SR, des actions concertées sont entreprises en vue
d’aider le Gouvernement à réduire le taux de mortalité maternelle. La
RDC dispose aujourd’hui d’une Feuille de Route pour la réduction de la
mortalité maternelle et d’un Plan de Sécurisation des Produits de SR,
en même temps qu’elle adhère aux recommandations de la Conférence de
Maputo. Ces instruments définissent le cadre d’intervention des
donateurs par rapport aux besoins exprimés par le pays. L’UNFPA a
également appuyé le Ministère de la Santé à créer un environnement
propice à la SR avec la mise en oeuvre de deux programmes spécialisés
à savoir : le Programme National de Santé de la Reproduction et le
Programme National de Santé de l’Adolescent. Par ailleurs, l’UNFPA a
financé la réhabilitation de plus de 100 structures sanitaires à
travers le pays, la fourniture de commodités de santé de la
reproduction et des équipements, l’offre de service de qualité
incluant les services de planification familiale, la prise en charge
des soins obstétricaux d’urgence et des fistules. En direction des
jeunes et adolescents un Programme national a été mis en place et
divers projets ciblant les jeunes déscolarisés, les lycéens et les
étudiants sont mis en place et 4 centres de jeunes sont déjà en
service qui offrent des services de santé de la reproduction adaptés
aux besoins des adolescents et jeunes incluant la prévention et le
traitement des IST ainsi que les compétences de vie.
L’UNFPA est également partie prenante de toutes les grandes actions
entreprises dans le domaine du VIH/SIDA conformément à son mandat. L’UNFPA
s’est non seulement engagé dans la promotion et la vulgarisation du
préservatif masculin et féminin, mais également à tisser des
partenariats au niveau local pour servir de canal d’approvisionnement
aux autres structures.
2.2. Développement des capacités nationales
Le renforcement des capacités techniques et institutionnelles des
partenaires constitue une priorité pour l’UNFPA. L’accompagnement des
partenaires se fait dans le cadre de la mise en œuvre du programme
dans les 11 provinces du pays grâce au suivi rapproché des antennes
provinciales de l’UNFPA. Hormis, ces projets, des ressources
additionnelles sont mobilisées afin de renforcer les actions déjà
entreprises, plus particulièrement dans le domaines des violences
sexuelles. L’UNFPA travaille également à bâtir des alliances et des
partenariats stratégiques avec des acteurs locaux clés tels que le
Réseau des Journalistes et Communicateurs pour la Population et le
Développement (RCP), Réseau des Femmes Ministres et Parlementaires (REFAMP),
le Réseau Islam, Population et Développement de la RDC (RIPD/RDC), les
Forces Armées de la République Démocratique du Congo et la Police
Nationale Congolaise, le Fonds Social de la République et les
Universités congolaises. Ces partenariats permettent de mettre en
avant les problèmes de santé de la reproduction, des jeunes, du VIH/SIDA
et les questions d’équité et égalité du genre avec un accent
particulier sur les violences sexuelles.
2.3. Partenariat pour la reconstruction et la réponse aux urgences
humanitaires
Dans le cadre de l’harmonisation des cycles de programmation qui
devrait démarrer en 2008, l’UNFPA et les autres partenaires au
développement sont en train de formuler le cadre d’assistance au pays
(CAF) en vue d’accélérer l’atteinte des OMD. Ce cadre d’assistance,
qui prend en compte les priorités du DSCRP, est un instrument de
coordination des bailleurs et un support pour la mobilisation de
ressources en faveur de la reconstruction du pays et des réformes
nécessaires. Le plan cadre prévoit aussi l’intégration de l’approche
du développement basé sur les droits humains, ce qui permettra
l’intégration des droits reproductifs et sexuels, les droits humains
de la femme et de la petite fille ainsi que les droits en matière de
population et développement dans la planification de l’assistance au
développement et à la reconstruction du pays. L’UNFPA est co-chair
avec la banque mondiale du volet VIH SIDA, pour lequel il a produit le
concept paper utilisé comme base de discussion avec les partenaires du
domaine. Par ailleurs, le Fonds participe activement à la réflexion en
cours dans les quatre autres groupes de travail[1], pour la prise en
compte de sa vision sur des questions comme la SR, y compris celle des
adolescents, la collecte des données, le genre et les SGBV. Le CAF qui
aujourd’hui regroupe près de 19 partenaires au développement (toutes
les agences UN comptent pour un) est pratiquement finalisé avec un
cadre des résultats pour l’ensemble des 5 piliers du DSCRP. Sur la
base des produits attendus, le SNU travaille à la finalisation de son
cadre d’assistance en même temps que les autres partenaires, qui
chacun selon son domaine d’intérêt, va apporter sa contribution à la
reconstruction du pays.
Dans le domaine humanitaire, la RDC expérimente depuis janvier 2006
l’approche clusters développée par l’IASC pour la mise en œuvre des
Plans d’action Humanitaires. En 2006, le plan a permis de mobiliser
près de 140 millions de dollars US, dont la gestion est faite selon
la modalité du Pooled fund. Avec cette approche de financement par le
pooled fund, il est noté une meilleure coordination de la communauté
humanitaire et une décentralisation des décisions de financement qui
permettent des réponses plus rapides et mieux ciblées sur le terrain.
L’UNFPA qui est particulièrement actif dans les clusters Santé et
Protection a pu mobiliser près de US $ 2.604.000 pour l’appui à des
projets de lutte contre les violences sexuelles et d’offre de soins
obstétricaux d’urgence pour les couches les plus vulnérables dans les
zones post conflits. Le bureau a pu ainsi renforcer sa capacité
d’intervention par le déploiement de personnel humanitaire dans
certaines zones d’urgence.


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