|
|
Plan d’Action du Programme Pays 2008 - 2012 Entre
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo
Et
Le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA)
|
Kinshasa, janvier 2008
Le cadre commun
1. Par le présent accord, le Gouvernement de la République de Démocratique du Congo (RDC) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) s’engagent à mettre en oeuvre, dans le cadre de leur coopération et de la mise en oeuvre des recommandations de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement du Caire (1994), le Plan d’Action du Programme Pays pour la période 2008-2012.
2. Se fondant sur l’expérience acquise et les progrès accomplis durant la mise en oeuvre de deux programmes précédents, les deux parties s’engagent à oeuvrer ensemble pour la réalisation des objectifs du présent programme qui découlent de ceux du Gouvernement et du système des Nations Unies en RDC en appui aux efforts de réduction de la pauvreté pour la période 2008-2012.
3. Les deux parties déclarent leur volonté de s’acquitter de leurs responsabilités dans un esprit de coopération fructueuse et conviennent de ce qui suit :
4. Le présent Plan d’Action du Programme Pays qui tient lieu, dès sa signature, de Programme de coopération entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) pour la période 2008-2012 abroge et remplace toutes les dispositions antérieures.
5. Le présent Plan d’Action du Programme Pays et ses annexes peuvent être modifiés par consentement mutuel de deux parties.
6. Aucune disposition du présent Plan d’Action du Programme Pays ne saurait être interprétée comme une renonciation à la protection accordée au Fonds des Nations Unies pour la Population par les dispositions de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies dont le Gouvernement de la République Démocratique du Congo est signataire.
Partie I Base de relation
7. La lettre du 1er octobre 2004 de la Représentation de l’UNFPA ainsi que la réponse du Gouvernement, base de consentement mutuel entre les deux parties pour étendre le bénéfice de l’accord de base conclu le 25 mai 1976 entre le PNUD et la République Démocratique du Congo à la Représentation de l’UNFPA constitue le fondement de la relation entre le Gouvernement de la RDC et l’UNFPA. Les dispositions du présent Plan d’Action du Programme Pays doivent s’interpréter à la lumière de cet accord. Ce Plan d’Action remplace tous les sous-programmes et les composantes projets mis en oeuvre au titre du 2ème programme de coopération entre le Gouvernement de la RDC et l’UNFPA.
Partie II Analyse de la situation
8. La République Démocratique du Congo (RDC) est un immense pays d’une superficie de 2 345 000 km² situé en Afrique Centrale, dans la région des Grands lacs. Elle partage ses frontières avec neuf pays. La plupart de ses voisins ont connu des guerres ou des conflits internes qui ont déstabilisé toute la Région des Grands Lacs. La guerre et les conflits inter-ethniques que la RDC connaît depuis 1996 ont plongé la majeure partie de la population dans une pauvreté extrême. Malgré ses énormes ressources naturelles, la RDC occupe le 168ème rang sur 177 pays selon le rapport 2007/2008 sur le développement humain du PNUD.
9. Au Sommet Mondial de 2005, le Gouvernement de la RDC a réaffirmé son engagement à la Déclaration du Millénaire de 2000, en particulier à la réalisation des OMD 1, 3, 4, 5 et 6 relatifs à la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, à la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, à la réduction de la mortalité infantile, à l’amélioration de la santé maternelle et à la prévention du VIH/SIDA. La RDC comme les 189 autres pays présents à ce sommet s’est engagé, en effet, à donner les moyens d’actions aux marginalisés et à répartir équitablement les ressources en leur faveur.
10. Par ailleurs, la Constitution du 18 février 2006 consacre en de nombreux articles le droit pour tous les Congolais de jouir des richesses nationales et le devoir de l’État de les redistribuer équitablement et de garantir le droit au développement (article 58), le droit à la vie, le droit de ne pas être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant (article 16), le droit à la liberté de pensée (article 22), le droit à l’information (article 24), le droit à la vie privée (article 31), le droit à la liberté d’association (article 37), le droit de se marier avec une personne de son choix et de fonder une famille (article 40), le droit à la santé (article 47), la promotion de la parité homme et femme dans les institutions, la lutte contre les violences faites à la femme dans la vie publique et dans la vie privée, l’élimination des violences sexuelles et des discriminations à l’égard de la femme, la promotion et la protection des droits de la femme et l’adoption de mesures pour la pleine participation de la femme au développement (articles 14 et 15).
11. Sur le plan international, le Gouvernement a davantage réaffirmé sa ferme volonté de promouvoir ces droits à travers la déclaration sur le droit au développement adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 41/128 du 4 décembre 1986, le Plan d’Action de Maputo pour la mise en oeuvre du Cadre d’orientation continental pour la promotion des droits et de la santé en matière de sexualité et de reproduction, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) de 1979, la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) de 1989 et l’appel à l’action contre les violences sexuelles en période post-conflit et au delà .
12. Cette volonté politique s’est traduite par l’élaboration du Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) en 2006 en tant que cadre de référence pour la planification du développement. Sur la base de ce document, les partenaires au développement ont défini le Cadre d’Assistance Pays et ont collaboré avec le Gouvernement, à la formulation d’un Programme d’Actions Prioritaires qui sert de feuille de route, pour la période de juillet 2007 à décembre 2008, à la mise en oeuvre harmonieuse et coordonnée du
DSCRP. En dépit des efforts consentis par le Gouvernement, la situation des droits en matière de population et développement, de santé de la reproduction et de ceux applicables aux femmes et aux filles demeure préoccupante.
13. En ce qui concerne la Population et le Développement, les années 1996-2001 marquées par des crises politiques ont engendré des conflits armés qui perdurent encore dans les provinces de l’Est. La situation humanitaire dramatique s’améliore petit à petit, même si certaines localités du pays connaissent encore des conditions de survie difficiles. On compte près de 200 000 réfugiés étrangers sur le sol congolais, et 380 000 congolais réfugiés à l’étranger en 2004. Il y aurait entre 1 à 1,5 millions de déplacés internes fuyant les zones de conflits.
14. En raison d’une longue période de crises socio-politiques et de conflits armés, il est difficile de donner avec précision l’effectif de la population du pays. Le dernier recensement de la population et de l’habitat au pays remonte à 1984 et donnait comme résultats un effectif de la population de 30,7 millions d’habitants et un taux d’accroissement naturel de 3,1%. Diverses sources affirment qu’en 2004, la population congolaise avoisinerait les 60 millions d’habitants. La structure de la population est jeune. En effet, la tranche d’âges de 0 à 14 ans représente 48,5% de la population totale, celle de 60 ans et plus ne représente que moins de 3% de celle-ci. La population congolaise est composée de bantous, de soudanais, de nilotiques et de pygmées. Ces derniers sont peu intégrés dans la communauté nationale aussi bien sur le plan politique que sur le plan de l’accès aux services.
15. Le niveau de fécondité reste élevé même s’il a connu des changements. Estimé à 7,2 enfants par femme en 1995, il est passé à 7,1 en 2001 et à 6,3 en 2007. La sexualité est précoce, 50 % des jeunes ont leurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 15 ans. Une adolescente sur cinq devient mère entre 15 et 19 ans. Quinze pour cent de la population soit un congolais sur six utilise la contraception traditionnelle, ce qui reflète l’existence des besoins importants de planification familiale non satisfaits. L’utilisation de la contraception moderne est passée de 15% en 1985 à 4,4% en 2001 et 5,8% en 2007.
16.Depuis 2002, l’économie s’est remis sur la voie d’une croissance économique stable. Le taux de croissance évalué en 2000 à -11% s’est situé pour l’année 2006 à 5,1 %. Le taux d’inflation situé à 511% en 2000, a accusé en 2006 un niveau sans précédent de 18,2%. Cependant, les indicateurs sociaux sont parmi les plus défavorables d’Afrique subsaharienne. La pauvreté monétaire touche 71% de la population, l’apport calorifique journalier moyen s’établirait à seulement 1836 Kcal, pour une norme journalière d’environ 2500 Kcal, la malnutrition toucherait environ un enfant congolais sur trois. Les indicateurs de santé montrent un état déplorable, avec une espérance de vie à la naissance de 45 ans seulement. Les provinces du pays accusent aussi de forts taux d’incidence de la pauvreté, avec une particularité pour les provinces du Bandundu, Sud-Kivu et de l’Équateur où les taux d’incidence vont au-delà de 80%.
17. En matière de Santé de la Reproduction, le système de santé demeure défectueux en raison de la détérioration des infrastructures de santé et du faible financement de besoins en personnel et médicaments. L’espérance de vie à la naissance est estimée à 46 ans en 2005. Bien
que 74 % des accouchements soient assistés en 2007 par un personnel de santé qualifié, le manque d’équipement et de médicaments affecte la qualité des services. La mortalité des enfants demeure élevée. En effet, sur mille naissances, 92 enfants décèdent avant d’atteindre leur premier anniversaire, 148 meurent avant l’âge de cinq ans.
18. La mortalité maternelle qui était de 870 décès pour 100.000 naissances vivantes en 1995, a plus que doublé en 3 ans pour atteindre 1837 décès pour 100.000 naissances vivantes en 1998 , constituant ainsi l’un des taux les plus élevés d’Afrique Subsaharienne. Selon MICS 2, il y aurait une légère amélioration de la situation, avec 1289 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2001. On note cependant une légère amélioration des conditions d’accouchement entre 2001 et 2007. En effet, la proportion des femmes ayant reçu des soins prénatals est passée de 68,2 % en 2001 à 85,3 % en 2007 ; tandis que le pourcentage des accouchements assistés par un personnel formé est passé de 60,7 % en 2001 à 74,0 %. La proportion des accouchements qui surviennent dans un établissement de santé s’élève à 70 % en 2007. Le taux d’avortements clandestins est de 30 % chez les adolescentes. Des milliers de femmes et jeunes filles souffrent de fistules obstétricales.
19. La prévalence du VIH est estimée à 4% pour l’ensemble de la population avec des variations importantes selon les provinces et les catégories sociales. Elle avoisine les 8% dans les provinces de l’Est. Les femmes et les jeunes de 20 à 29 ans sont les groupes les plus affectés. Dans cette tranche d’âge, le taux est de 14% pour les femmes contre 7% pour les hommes. La prévalence du VIH chez les femmes enceintes est de 4,6% et le taux de transmission du virus de la mère à l’enfant est de 25%. Selon l’EDS-RDC, 54 % des femmes âgées de 15-49 ans et 64 % des hommes de la même tranche ont déclaré que l’utilisation du condom réduisait les risques de contracter le VIH. On note cependant que l’utilisation du condom est très faible ; en effet 3,4 % seulement des femmes de 15-49 ans ont déclaré l’utiliser au moment de l’enquête.
20. Pour les questions du Genre, les inégalités et les disparités défavorables aux femmes sont importantes. Leur ampleur est difficile à mesurer faute de statistiques fiables et à jour. Sur la base des données disponibles, le pays se classe à la 141ème position selon l’indicateur sexo-spécifique du développement humain d’après le rapport mondial sur le développement humain de 2007. Ces inégalités et disparités traduisent l’existence de graves violations des droits des femmes et des filles comme le droit à la vie et le droit à la sécurité ainsi que l’ampleur des violences sexuelles et sexo-spécifiques qui leur sont faites au mépris des dispositions contenues dans la Déclaration sur l’élimination des violences à l’égard des femmes et dans la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. Cet état de choses rend quasi-impossible l’atteinte d’ici 2015 de l’OMD # 3 sur la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes.
21.D’après le Document de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté, l’on compte 20% d’hommes analphabètes contre 48% des femmes analphabètes. Le taux brut de scolarisation en première année du primaire est de 77,7% pour les garçons et de 63,8 % pour les filles. Pour le niveau secondaire, le taux brut de scolarisation est de 24 % pour les garçons et 13 % pour les filles. Le Code de la Famille, dans son article 448, stipule que la femme mariée est soumise au régime de l’autorisation maritale pour tous les actes juridiques qu’elle
pose. En matière de parité institutionnelle, elles sont au nombre de 5 au gouvernement sur un total de 45 membres. Au niveau du Parlement National, l’on compte 42 femmes députées sur 500 et 5 femmes sénateurs sur 120. Sur les 210 partis qui ont été agréés pour prendre part aux élections législatives, présidentielles et locales, seulement 10 partis politiques sont fondés par des femmes.
22. En matière de violences sexuelles et sexo-spécifiques, les femmes sont gravement touchées. Elles sont 53% à faire l’objet de propos injurieux, 39% sont victimes de coups et blessures et 27% sont victimes de pratiques coutumières néfastes comme le déshéritement de la veuve et les rites dégradants de veuvage (dans de nombreux cas, le corps de la veuve est enduit de boue mélangée aux urines). Dans un climat d’impunité et de culture de la violence, consécutif à six années de guerre (1998-2003), des milliers de femmes sont violées par des hommes en uniforme et par des criminels de droit commun. Le nombre de cas de viol reportés a atteint le record de 40 000 en 2003, dont la majorité des victimes était des femmes. Depuis janvier à octobre 2007, les cas d’incidents de violences sexuelles, s’élèvent à 7 062. Les conséquences de la guerre sont encore visibles avec un nombre élevé de déplacés. Leur nombre estimé varie entre 1 million et 1,5 millions. Les femmes et les enfants constituent plus de 75% des personnes déplacées au niveau global.
23.A la base des ces violations et violences, se trouvent les facteurs suivants : la structure sociale patriarcale avec subordination de la femme, l’ignorance par la femme de ses droits, la division sexo-spécifique du travail défavorable à la femme partagée entre le travail productif, reproductif et communautaire, le faible niveau d’instruction des femmes par rapport aux hommes, l’insuffisance de capacités techniques et institutionnelles des structures en charge des questions de genre, la non-conformité de certaines dispositions des textes juridiques nationaux avec la CEDEF et les stéréotypes négatifs contre le sexe féminin perçu comme faible dans de nombreuses cultures ou en raison de conceptions religieuses tirées d’une mauvaise interprétation des saintes écritures (la Bible ou le Coran).
Partie III Coopération passée et leçons apprises
Coopération passée
24. Le premier programme de coopération a couvert la période 1986-1990. Le second programme (2002-2006) a été prolongé jusqu’en 2007 pour permettre aux agences du Comité Exécutif du Groupe de Développement des Nations Unies d’harmoniser leurs cycles de programmation. Au cours du 2ème programme, l’UNFPA a assuré le suivi des activités et mobilisé des ressources additionnelles pour les urgences humanitaires à travers ses onze antennes provinciales. De plus, l’UNFPA a développé des partenariats avec les institutions nationales, de même que les partenaires de coopération bilatérale et les organisations des Nations Unies.
25.Dans le domaine de santé de la reproduction, le programme a permis : (a) le renforcement des capacités techniques et de gestion des partenaires nationaux; (b) le développement, en partenariat avec le Ministère de la Santé, d’une feuille de route pour la réduction de la mortalité maternelle, d’un plan national de sécurisation des produits de santé de la reproduction ainsi que
des politiques nationales de la santé de la reproduction et de la santé des adolescents; (c) l’équipement et l’approvisionnement de 171 maternités en commodités de santé de la reproduction et la réhabilitation de 48 d’entre elles et (d) la mise en place de quatre centres de jeunes.
26.Dans le domaine de population et développement, les réalisations clés concernent: (a) l’actualisation et la validation de la Politique Nationale de Population; (b) la prise en compte des indicateurs sur les fistules, la santé de la reproduction, les violences sexuelles et domestiques dans la première Enquête Démographique et de Santé réalisée en 2007; (c) l’élaboration du document de projet et des plans opérationnels pour la mise en oeuvre du 2ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat ; (d) la prise en compte des questions de population dans le document de la stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté.
27. Dans le domaine du genre, les réalisations ont concerné: (a) le plaidoyer qui a conduit à l’adoption et à la promulgation de lois contre les violences sexuelles et l’inscription dans la Constitution de la parité homme et femme et de l’élimination des violences sexuelles ; (b) le renforcement des capacités des cliniques juridiques et des organisations de la société civile travaillant pour la protection et la promotion de la femme; (c) l’appui aux activités génératrices de revenu (AGR) à travers les associations féminines ; et (d) la sensibilisation pour une participation accrue des femmes aux élections législatives et présidentielles de 2006.
Leçons apprises
28. La mise en oeuvre du second programme de coopération a été confrontée à de nombreuses contraintes à savoir : (a) la récurrence des crises politiques et conflits armés ; (b) la faible représentation des structures bancaires dans les provinces et l’absence fréquente de liquidités là où elles existent ; (c) la faible capacité des agences de mise en oeuvre pour la modalité de l’exécution nationale ; et (d) les difficultés de coordination et d’harmonisation des interventions dans les programmes conjoints.
29. L’on retiendra les leçons suivantes : (a) la taille et l’environnement post-conflit du pays suggèrent l’existence des besoins en terme de couverture géographique et d’interventions focalisées sur des thématiques en partenariat bilatéral avec les autres organisations; (b) la présence effective dans les 11 provinces facilite le suivi et améliore les capacités de UNFPA et du Gouvernement à répondre aux urgences et aux besoins immédiats des communautés; (c) la réussite de la programmation conjointe dépend de l’engagement et du partage d’informations de l’ensemble des partenaires ; et (d) l’appropriation par la partie nationale de l’Initiative Conjointe de lutte contre les violences sexuelles a permis un soutien conséquent ainsi que la participation active de l’armée et de la police. De plus, des lois plus sévères ont été adoptées contre telles violences.
30. Il conviendrait aussi de signaler dans le même ordre d’idées, la participation effective du Bureau pays à toutes les instances de décision dans le cadre de la Stratégie Nationale de Croissance et de Réduction de la Pauvreté, du Cadre des Nations Unies pour l’Assistance au Développement (UNDAF) pour la période 2007-2011, du Cadre d’Assistance au Développement des Nations Unies, et des réunions de Cluster sur les actions humanitaires. Tout ceci a permis de mettre sur l’agenda national, les questions clés concernant la Conférence Internationale sur la Population et le Développement, et de mobiliser les fonds supplémentaires dans le cadre du CERF et des mécanismes de Pooled Fund.
Partie IV Programme proposé
31. Le Gouvernement et l’UNFPA ont élaboré le troisième programme de coopération dans le contexte de la réforme du Système des Nations Unies (SNU) et en collaboration avec la société civile et les agences du SNU. Le programme trouve son fondement dans le Programme d’Action de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD), les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), la Plate-forme d’Action de Beijing et les recommandations du Sommet Mondial sur le Développement de 2005. Planifié pour une durée de cinq ans, le programme s’appuie particulièrement sur :
(a) le Document de Stratégie Nationale de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) ; (b) les politiques et programmes sectoriels ; (c) le Cadre des Nations Unies pour l’assistance au Développement (UNDAF) pour la période 2007-2011, directement issu du Cadre d’Assistance au Pays (CAF) des bailleurs de fonds et du SNU ; (d) le rapport national sur les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ; et (e) le Plan d’Action de Maputo.
32. Conçu dans le respect de la diversité culturelle, du genre et de l’approche basée sur les droits humains, le troisième programme répond aux priorités nationales et est lié au Plan Stratégique 2008-2011 de l’UNFPA. Il a pour but de contribuer de façon synergique et harmonisée à la réduction de la pauvreté en améliorant l’accès de la population aux services de qualité en matière de santé de la reproduction et de la prévention du VIH, et en intégrant les questions de population et de genre dans les politiques et programmes sectoriels de développement.
33. Les enseignements tirés du deuxième programme de coopération RDC/UNFPA ainsi que des résultats des revues du programme ont été utilisés pour développer ce troisième programme de coopération en s’inspirant de bonnes pratiques et leçons apprises. Étant donné la taille du pays et son environnement post-conflit, il s’avère nécessaire de limiter la couverture géographique du programme à quelques zones de santé prioritaires. Ceci contribuera à faciliter le suivi de la mise en oeuvre du programme et à améliorer les capacités de l’UNFPA et du Gouvernement à répondre aux urgences et aux besoins des communautés concernées. Un processus participatif a été utilisé pour le développement de ce Plan d’Action du Programme Pays (PAPP). Les contributions du gouvernement, des partenaires de la société civile, des agences du système des NU ont permis de mieux cerner la situation du pays et de proposer des solutions pour répondre aux problèmes prioritaires identifiés.
34. Le programme proposé comprend trois composantes :
(a) Santé de la Reproduction ; (b) Population et Développement ; et (c) Genre. Dans sa mise en oeuvre, les synergies entre les composantes seront renforcées autour du genre, de la collecte, l’analyse et l’utilisation des données, des études et recherches, et de la communication pour le changement de comportement. Le plaidoyer et l’intégration des droits humains, en particulier des droits reproductifs seront transversaux.
Composante Santé de la reproduction
35. L’effet escompté de la composante santé de la reproduction est :
« D’ici 2012, l’utilisation des services de santé de la reproduction, et de prévention du VIH/SIDA de qualité est accrue en particulier pour les jeunes, les femmes et les population affectées par les conflits ». La réalisation de l’effet de cette composante sera mesurée par l’atteinte des cibles suivantes :
i) La proportion d’accouchement assisté par un personnel qualifié ; ii) Taux d’utilisation des services de santé maternelle à moindres risques ; iii) Prévalence de l’utilisation de méthodes contraceptives modernes ; iv) Prévalence des infections sexuellement transmissibles et du VIH/SIDA chez les jeunes ; v) Prévalence des infections sexuellement transmissibles et du VIH/SIDA chez les femmes enceintes ; vi) Proportion des jeunes bénéficiant des services de santé de la reproduction des adolescents et des jeunes ; vii) La proportion des avortements à risque chez les adolescentes ; viii) Proportion de la population affectée par les crises humanitaires recevant les services de santé de la reproduction; ix) Taux de mortalité maternelle et taux de décès périnatals.
36. Se rapportant aux priorités nationales relatives à la bonne gouvernance, à la consolidation de la paix, à l’amélioration de l’accès aux services sociaux, à la réduction de la vulnérabilité et à la réponse à l’épidémie du VIH/SIDA, la composante SR contribuera à la réalisation des effets 1, 3, 4 et 5 de l’UNDAF/CAF que sont :
(a) les obstacles de la gouvernance qui empêchent le pays d’atteindre des OMD levés ; (b) les indicateurs sociaux en ligne avec les objectifs du DSCRP par l’accroissement de l’accès aux services sociaux efficients, efficaces et équitables ; (c) la transmission du VIH chez les groupes à haut risque est prévenue ; (d) les communautés dans les zones fortement instables sont stabilisées et l’efficacité des programmes de réduction de la pauvreté sont accrus.
37. Quatre produits contribuent à la réalisation de cette composante. Le premier produit escompté se rapporte aux effets 1, 3, 4, et 5 du Plan Stratégique de l’UNFPA. Le produit 2, se rapporte à l’effet 2 du Plan Stratégique de l’UNFPA. Le produit 3 contribue à l’atteinte des effets 1 et 4 du Plan Stratégique de l’UNFPA. Le produit 4, contribue à l’atteinte de l’effet 1 du Plan Stratégique de l’UNFPA.
Produit 1 : La planification familiale axée sur les adolescents et jeunes est intégrée dans le programme de prévention du VIH/SIDA
38. Ce produit sera obtenu par la mise en oeuvre de 9 stratégies. La première se focalise autour du plaidoyer auprès des autorités politiques et des leaders communautaires en faveur de la planification familiale. De cette stratégie découle les activités suivantes : a) Élaborer une stratégie nationale de plaidoyer pour le repositionnement de la planification familiale ; b) Vulgariser le document de stratégie nationale de plaidoyer ; c) Accélérer le processus de suppression des barrières juridiques à la planification familiale ; d) Former des parties prenantes en technique de plaidoyer en faveur de la planification familiale ; e) Organiser les séances de plaidoyer en faveur de la planification familiale auprès des leaders politiques, religieux, traditionnels des jeunes, des femmes, des leaders de population affectées par les conflits et autres à tous les niveaux.
39. La deuxième stratégie prend en compte l’intégration des interventions axée sur la prévention du VIH dans les services de santé de la reproduction, y compris les consultations pré et post natales ainsi que la planification familiale, selon le plan d’action de Maputo. Elle sera mise en oeuvre à travers l’appui à l’exécution des activités suivantes : a) Vulgariser les documents des politiques, des normes, des directives et de cadre juridique de la prévention du VIH dans les services SR ; b) Former 1000 prestataires de services y compris les jeunes et adolescents sur les liens entre la SR et les IST/VIH/SIDA dans 22 zones de santé ciblées; c) Renforcer les capacités institutionnelles des structures de SR/PF et VIH/SIDA ; d) Appliquer un contrat de performance aux coordinations du programme SR à tous les niveaux ; e) Organiser des séances de sensibilisation des jeunes, des femmes, des hommes, des parents, des enseignants et des groupes à risque sur le VIH et la santé sexuelle et reproductive y compris la PF et les droits reproductifs dans les 22 zones de santé ciblées ; f) Former les pairs éducateurs (660) des jeunes garçons et des hommes en rapport avec la Maternité à Moindre Risque y compris la PF et la prévention du VIH/SIDA, en CCC et compétences psychosociales en matière de SRAJ ; g) Élaborer les supports éducatifs sur la Maternité à Moindre Risque y compris la PF et la prévention du VIH.
40. La troisième stratégie est axée sur le renforcement de la distribution à base communautaire des contraceptifs, en particulier les préservatifs masculins et féminins. Celle-ci sera développée à travers les 5 activités suivantes : a) Renforcer les capacités de 1000 distributeurs à base communautaire des contraceptifs et préservatifs ; b) Produire et distribuer de supports d’IEC/CCC pour la promotion de l’utilisation des préservatifs et des contraceptifs ; c) Promouvoir l’utilisation des préservatifs masculins et féminins à travers des distributions à grande échelle ; d) Mettre en place des réseaux de distribution à base communautaire des contraceptifs et des préservatifs ; e) Approvisionner régulièrement le réseau national et ses antennes de distribution à base communautaire en contraceptifs et préservatifs.
41. La quatrième stratégie se base sur la mobilisation sociale pour la planification familiale et la prévention des infections sexuellement transmissibles, incluant le VIH. Les activités suivantes seront menées : a) Célébrer les journées nationales et internationales relatives à la SR et aux IST/VIH ; b) Produire et distribuer les supports d’IEC/CCC sur la PF et le VIH ; c) Organiser une campagne médiatique sur la planification familiale et la prévention des IST et du VIH/SIDA ; d) Organiser les séances de sensibilisation sur la planification familiale, en impliquant les hommes et les femmes.
42. La cinquième stratégie vise le renforcement de la communication pour le changement de comportement en faveur des adolescents, des jeunes, des parents et des enseignants. Pour cette stratégie, 6 activités seront menées : a) Réaliser des études comportementales sur la SRAJ ; b) Renforcer les capacités des organisations des jeunes pour assurer les activités de CCC sur la SR et les IST/VIH/SIDA ; c) Créer ou mettre en place au moins un centre de jeune dans 4 provinces ; d) Mener le plaidoyer auprès des leaders traditionnels, religieux, politiques et autres sur la SRAJ et les droits reproductifs ; e) Renforcer les capacités des enseignants, des parents, des étudiants et des élèves dans la communication en matière de santé sexuelle et reproductive.
43. La sixième stratégie préconise l’institutionnalisation et le renforcement de l’éducation à la vie à tous les niveaux du système éducatif. Les activités qui seront exécutées dans le cadre de
cette stratégie sont :
a) Étendre l’enseignement de l’Éducation à la Vie/SR au niveau des établissements primaires, secondaires, professionnels, supérieurs et universitaires ; b) Produire et diffuser des modules et matériels éducatifs de l’Éducation à la Vie/SR ; c) Renforcer les capacités des enseignants en Éducation à la Vie/ SR à tous les niveaux du système éducatif ; d) Appuyer un plaidoyer pour l’institutionnalisation de l’enseignement de l’Éducation à la Vie/SR.
44. La septième stratégie mettra l’accent sur la promotion de la SRAJ et la prévention IST/VIH dans les milieux de l’enseignement supérieur et universitaire en partenariat avec UNIKIN. De cette stratégie, les activités suivantes seront menées :
a) Renforcer les capacités institutionnelles, techniques et opérationnelles des services SR / SRAJ dans les établissements d’enseignement supérieures et universitaires ; b) Offrir de services conviviaux de SR dans les centres de jeunes des universités et des instituts supérieures ; c) Former les pairs éducateurs et les prestataires sur la SR/SRAJ.
45. Enfin, la huitième stratégie renforcera les capacités nationales et étendra les services de planification familiale aux niveaux communautaires et national. Les activités ci-dessous seront réalisées à cet effet :
a) Former 990 prestataires y compris les équipes cadres des ZS sur la PF ; b) Renforcer les capacités opérationnelles des DBC sur la planification familiale ; c) Renforcer les capacités institutionnelles aux niveaux central, intermédiaire et opérationnel pour la coordination et le suivi ; d) Appuyer l’offre de service PF au niveau des 22 zones de santé ciblées.
Produit 2 : La qualité des accouchements en présence de personnel qualifié, et les soins obstétriques et néonataux d’urgence sont améliorés dans les zones de santé ciblées
46. Ce produit sera obtenu à travers trois stratégies. La première stratégie renforcera les capacités techniques et institutionnelles des structures de mise en oeuvre. De cette stratégie, les activités ci-après seront développées :
a) Réaliser une analyse situationnelle sur la maternité à moindre risque, y compris les urgences obstétricales et néonatales et la planification familiale ; b) Réhabiliter 66 centres de santé et structures de coordination à raison de 3 par zone de santé ; c) Équiper en matériel médical, les structures sanitaires de zones de santé ciblées ; d) Approvisionner 22 zones de santé en commodités SR de qualité ; e) Mettre en place 2 centres d’excellence pour la réparation des fistules et la formation des médecins et infirmiers.
47. La seconde stratégie renforcera les capacités techniques et opérationnelles des prestataires de services de santé. Les activités suivantes seront exécutées :
a) Former 450 prestataires des services pour la maternité à moindre risque, y compris la prévention des fistules dans 22 zones de santé ciblées ; b) Organiser le suivi, monitorage, la supervision et l’évaluation des activités SR dans les 22 zones de santé ciblées ; c) Rendre disponible les documents normatifs, éducatifs et de collecte de données sur la maternité à moindre risque ; d) Réaliser des audits sur les décès maternels.
48. La troisième stratégie se focalisera sur la mobilisation sociale et la communication pour le changement de comportement ciblant les communautés, pour augmenter la demande de
services de santé de la reproduction et réduire la mortalité maternelle. Les activités suivantes seront développées :
a) Organiser les campagnes de mobilisation sociale pour la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, et la prévention des fistules obstétricales ; b) Mener le plaidoyer pour la consécration d’une semaine pour la santé de la mère et du nouveaux né ; c) Célébrer la journée nationale de la santé maternelle et néonatale ; d) Appuyer les activités de vaccination pour la prévention des infections du tétanos néonatale.
Produit 3 : L’accès des populations déplacées et des victimes des crises humanitaires aux services de santé de la reproduction, y compris à la prophylaxie post exposition est accru.
49. Ce résultat sera atteint par les deux stratégies suivantes. La première stratégie renforcera les mécanismes de réponse rapide aux crises humanitaires. Les activités à mener seront :
a) Élaborer le plan de contingence ; b) Pré-positionner les commodités SR et les kits d’urgence ; c) Renforcer les capacités de la direction nationale du PNSR, des coordinations provinciales du PNSR, et des antennes provinciales de l’UNFPA sur la gestion des crises humanitaires ; d) Former les prestataires de niveaux national, provincial et local sur la gestion des urgences humanitaires.
50. La deuxième stratégie renforcera la prise en charge médicale des victimes de violences sexuelles. De cette stratégie, seront menées les activités suivantes :
a) Former 200 prestataires sur la prise en charge clinique et psychosociale des victimes VS ; b) Offrir les services cliniques et un accompagnent psychosocial aux victimes de violences sexuelles.
Produit 4 : Les capacités techniques et institutionnelles nationales sont renforcées pour la mise en place d’un système d’approvisionnement des commodités de santé de la reproduction.
51. Ce résultat sera obtenu grâce à la mise en oeuvre de trois stratégies. La première stratégie visera le renforcement des capacités techniques des gestionnaires de stocks pour une bonne gestion des commodités. Les activités à développer seront :
(a) Former 440 prestataires et gestionnaires en gestion des commodités à tous les niveaux ; (b) Assurer le suivi et la supervision de la gestion des commodités.
52. La deuxième stratégie se penchera sur le renforcement des capacités institutionnelles des dépôts pharmaceutiques des zones de santé ciblées en collaboration étroite avec les autres bailleurs. Les activités retenues sont les suivantes :
(a) Réhabiliter 20 dépôts des commodités dans les zones de santé ciblées ; (b) Doter 20 dépôts pharmaceutiques en outils informatiques et autres équipements ; (c) Renforcer les capacités nationales dans les systèmes de gestion informatique des commodités SR.
53. La troisième stratégie mettra l’accent sur la programmation des préservatifs masculins et féminins. Deux activités seront développées dans cette stratégie à savoir :
(a) Appuyer le PNMLS pour la finalisation et la mise en oeuvre du plan stratégique national sur les préservatifs ; (b) Approvisionner les provinces en préservatifs masculins et féminins.
Composante Population et développement
54. La composante Population et Développement (PD) consolidera les efforts en matière d’intégration des questions de population et genre dans les politiques et programmes de développement, tout comme pour l’amélioration de la disponibilité des données harmonisées et fiables pour les besoins de coordination, de planification et de prise de décisions. Il a pour effet : « D’ici 2012, les questions de population, santé de la reproduction, genre et violences sexuelles sont prises en compte dans les politiques et programmes de développement ».
La réalisation de l’effet de cette composante sera accomplie par l’atteinte d’ici 2012 des cibles suivants :
(i) Questions de population prises en compte dans les politiques et programmes de développement, et ; (ii) Nombre de programmes et politiques de développement intégrant les questions de population.
55. Partant des priorités nationales liées à la promotion de la bonne gouvernance, à la consolidation de la paix, à l’amélioration de l’accès aux services sociaux et à la réduction de la vulnérabilité, la composante PD opérationnalisera l’effet du Programme Pays et contribuera particulièrement à la réalisation des effets 1 et 3 de l’UNDAF/CAF que sont, respectivement :
(a) Les obstacles de gouvernance qui empêchent le pays d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement sont levés ; (b) Amélioration des indicateurs sociaux en conformité avec les objectifs du DSCRP par l’accroissement de l’accès aux services sociaux efficients, efficaces et équitables.
56. La composante PD contribuera au plaidoyer pour la mobilisation des ressources en faveur du recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) et de l’enquête démographique et de santé (EDS), ainsi qu’au renforcement des capacités aux niveaux central et provincial en matière d’intégration des questions de population, santé de la reproduction et genre dans les politiques et programmes, y compris le renforcement institutionnel, les capacités de gestion, la collecte, le traitement, l’analyse (y compris les thèmes sur les questions émergentes) et la dissémination des données, et les systèmes de suivi et évaluation (S&E).
57. Deux produits sont attendus de cette composante. Le premier produit escompté se rapporte aux effets 3 et 4 du domaine d’intervention « Population et Développement » du Plan stratégique (PS) de l’UNFPA que sont, respectivement :
(a) Données sur la dynamique démographique, l’égalité des sexes, les jeunes, la santé sexuelle et reproductive et le VIH/SIDA disponibles, analysées et utilisées aux niveaux national et infra national pour élaborer des politiques et programmes et suivre leur mise en oeuvre ; (b) Intégration des questions de population qui commencent à se poser – en particulier les migrations, l’urbanisation, l’évolution de la pyramide des âges (passage à l’âge adulte/ vieillissement) ou encore la population et l’environnement – aux programmes de développement élaborés aux niveaux mondial, régional et national.
58. Le deuxième produit est particulièrement lié aux effets 1 et 2 du Plan Stratégique que sont, respectivement :
(a) Intégration de la dynamique démographique et de ses liens avec l’égalité de genre, la santé sexuelle et reproductive et le VIH/SIDA aux politiques publiques, aux plans de réduction de la pauvreté et aux cadres de dépenses ; (b) Intégration des droits et des besoins multisectoriels des jeunes aux politiques publiques, aux plans de réduction de la pauvreté et aux cadres de dépenses, en mettant à profit le dividende démographique.
Produit 1 : La disponibilité des données désagrégées par âge et par sexe sur les caractéristiques sociodémographiques de la population est accrue
59. L’atteinte de ce produit sera évaluée par la réalisation d’ici 2012 des cibles suivants :
(i) Nombre d’analyses thématiques sur les caractéristiques de la population et sur les interrelations entre population et développement ; (ii) Existence des données issues du deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH) ; (iii) Existence des données issues des enquêtes sociodémographiques, et ; (iv) Existence d’une cartographie de la pauvreté. Pour atteindre ce produit, la composante P&D développera les stratégies suivantes.
60. Ce produit sera atteint en développant les cinq stratégies suivantes. La première stratégie porte sur le Plaidoyer pour la mobilisation des ressources et l’appui technique en faveur de l’organisation du 2ème RGPH et de la 2ème EDS. Les activités à exécuter pour la mise en oeuvre de cette stratégie sont :
(a) Faire le plaidoyer auprès des décideurs politiques et des bailleurs des fonds pour l’organisation du 2ème RGPH et de la 2ème EDS aux niveaux central et provincial ;
(b) Appuyer la mobilisation des ressources pour l’organisation du 2ème RGPH, et ;
(c) Appuyer la mobilisation des ressources pour l’organisation de la 2ème EDS.
61. La deuxième stratégie consiste à fournir un appui technique en faveur de l’organisation du 2ème RGPH et de la 2ème EDS. Les activités qui s’y réfèrent sont les suivantes :
(a) Former 50 cadres des structures du RGPH aux niveaux central et provincial et de la 2ème EDS dans les domaines spécifiques de gestion et planification stratégique, traitement des données, sondage et échantillonnage, analyse et Système Informations Géographiques (SIG) ; (b) Equiper les structures en charge du 2ème RGPH et de la 2ème EDS en matériel de bureautique, consommables et matériel roulant (DPRH, INS, DSPD) ; (c) Reproduire le questionnaire pour l’organisation du recensement pilote dans 2 provinces types.
62. La troisième stratégie envisagée porte sur la recherche opérationnelle en population et développement, santé de la reproduction, et genre, et la dissémination des résultats. Cette stratégie sera mise en oeuvre à travers les activités suivantes :
(a) Organiser les enquêtes sur les questions spécifiques des jeunes dans cinq provinces ; (b) Réaliser les analyses thématiques approfondies des données du RGPH, des enquêtes socio-démographiques et sanitaires au niveau national ; (c) Publier et disséminer les résultats des recherches socio-démographiques ; (d) Organiser les enquêtes sur les déplacés internes dans les zones de crise pour l’évaluation des besoins d’assistance ; (e) Produire annuellement un rapport national sur l’état de la population congolaise.
63. La quatrième stratégie préconisée vise le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des services producteurs des données socio-démographiques. Cette stratégie sera mise en oeuvre à travers les activités suivantes : (a) Appuyer la formation de 22 cadres nationaux au niveau DEA, DES, Doctoral (DSPD, INS, DPRH) ; (b) Organiser les formations de courte durée des cadres nationaux en population et développement ; (c) Organiser les voyages d’études et d’échange d’expériences ; (d) Réhabiliter 4 locaux abritant les services et les structures en charge du RGPH et des études sociodémographiques (RGPH, INS, DSPD, DPRH) ; (e) Equiper en bureautique les structures en charge d’études sociodémographiques (INS, DSPD, DPRH) et l’observatoire congolais de la pauvreté et des inégalités (OCPI) .
64. La cinquième stratégie porte sur l’utilisation de la base des données IMIS (Integrated Management Information System) pour le suivi des OMD et de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté ( DSCRP). Cette stratégie sera mise en oeuvre à travers les activités suivantes :
(a) Organiser des ateliers de formation pour la mise en place de l’IMIS ; (b) Intégrer les données sur les violences sexuelles , de l’EDS-2, de l’enquête 1-2-3 dans l’IMIS ; (c) Reconstituer la base des données du recensement de 1984.
Produit 2 : Les capacités techniques et institutionnelles des ministères et partenaires ciblés sont renforcées en vue d’intégrer les questions de population, santé de la reproduction, genre, violence sexuelle et violence basée sur le genre dans les politiques et programmes de développement.
65. La réalisation de ce produit se fera notamment par l’atteinte des cibles suivants d’ici 2012 : (i) Nombre de plans sectoriels, programmes et projets appuyés intégrant les questions de population, santé de la reproduction, genre et violences sexuelles et violence basée sur le genre ; (ii) Volume du financement mobilisé auprès du gouvernement pour appuyer le troisième programme de coopération avec l’UNFPA.
66. Ce produit sera réalisé par la mise en oeuvre de 3 stratégies suivantes. La première stratégie porte sur le renforcement des capacités techniques et opérationnelles en population et développement des structures aux niveaux central et provincial. Pour la mise en oeuvre de cette stratégie, les activités suivantes sont envisagées :
(a) Former 220 leaders des structures ciblées (RAJECOPOD, REFAMP, Média, RIPD) dans le domaine de la population et du développement ; (b) Former 110 cadres des structures ciblées au niveau central et provincial en intégration des questions de population dans les programmes et plans de développement ; (c) Équiper les structures ciblées (RAJECOPOD, REFAMP, Média, RIPD) en matériel nécessaire.
67. La deuxième stratégie concerne l’appui au processus de planification stratégique en vue d’intégrer les questions de population, de santé de la reproduction et du genre dans les politiques et programmes de développement. Cette stratégie sera mise en oeuvre par l’exécution des activités suivantes :
(a) Appuyer la finalisation de 12 plans d’actions de mise en oeuvre des DSCRP national et provinciaux ; (b) Appuyer l’élaboration et la finalisation des politiques sectorielles (Santé, Éducation, Genre et Famille).
68. La troisième stratégie porte sur le renforcement de capacités des jeunes en gestion du développement, plaidoyer et leadership. Cette stratégie sera mise en oeuvre à travers les activités suivantes :
(a) Réhabiliter et équiper les centres des jeunes des Universités de Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani en kit informatique et en équipements de vidéo forum ; (b) Renforcer les capacités techniques et institutionnelles des coordinations provinciales des réseaux des jeunes pour leur participation dans le processus de planification du développement ; (c) Appuyer les échanges d’expériences entre les jeunes sur les plans national et international ; (d) Contribuer à la finalisation de la politique nationale de la jeunesse en vue d’intégrer la question de la SRAJ ; (e) Oraniser des ateliers pour la redynamisation du Parlement des jeunes.
Composante Genre
69. La composante Genre consolidera les efforts en matière d’intégration des questions de genre dans les politiques et programmes de développement. Elle a pour effet : « D’ici 2012, un environnement propice à l’égalité et l’équité de genre et à l’élimination des violences sexuelles et basées sur le genre est créé ». La réalisation de l’effet relatif à cette composante sera accomplie par l’atteinte d’ici 2012 des cibles suivantes :
(i) Coupures de presse sur les questions du genre; (ii) Nombre de déclarations sur les questions du genre faites par les leaders ; (iii) Nombre d’articles de la Convention sur l’élimination des discriminations à l’égard de la femme ayant connu de progrès significatifs dans leur application ; (iv) Nombre des femmes représentées dans les Institutions aux niveaux national, provincial et local.
70. Deux produits sont attendus de cette composante. Le premier produit se rapporte à l’effet 2 du domaine d’intervention Genre du Plan stratégique qui s’intitule ainsi « Promotion de l’égalité des sexes, des droits en matière de procréation et facilitation de l’autonomisation des femmes et des adolescentes grâce à un climat socioculturel propice à la participation des hommes et à l’élimination des pratiques néfastes ». Tandis que le deuxième produit se rapporte à l’effet 4 du Plan stratégique qui s’énonce ainsi « Élargissement des ripostes face aux violences sexistes, et en particulier à la violence au foyer et aux violences sexuelles grâce à l’amélioration des politiques, la mise en place de systèmes de protection, l’application des lois et la mise en place de services de santé sexuelle et procréative et de prévention du VIH, notamment dans les situations d’urgence et de post-urgence ».
Produit 1 : Les capacités institutionnelles et techniques de ministères et du parlement sont renforcées pour promouvoir la situation politique et économique de la femme
71. La réalisation de ce produit sera évaluée par l’atteinte d’ici 2012 des cibles suivants : (i) Nombre de textes discriminatoires contre les femmes révisés et nombre de textes en faveur de femmes et de jeunes promulgués ; (ii) Nombre de femmes occupant les postes de prise de décision au niveau national, provincial et local.
72. Ce produit sera atteint en développant les cinq stratégies suivantes. La première stratégie se focalise autour du renforcement des capacités techniques et institutionnelles des structures clé du Gouvernement aux niveaux central et provincial. Les activités à exécuter pour la mise en oeuvre de cette stratégie sont :
(a) Former les cadres techniques du Ministère du Genre, Famille et Enfant et les points focaux Genre des ministères et du parlement en approche genre et développement ; (b) Appuyer la mise en place au sein du Service National Femme et Développement d’un comité de coordination et de suivi des points focaux Genre aux niveaux national et provincial ; (c) Réhabiliter 8 Centres de Promotion de la Femme (Maisons de la Femme) dans les deux Kasaï, Equateur, Maniema, Orientale, Kinshasa, Nord et Sud-Kivu ; (d) Équiper les Centres de Promotion de la Femme (Maisons de la Femme) dans les chefs lieux où les centres de promotion de la femme n’existent pas encore ; (e) Participer à 10 conférences et voyages d’études dans le domaine de la promotion de la femme et de l’égalité homme et femme ; (f) Doter le ministère du Genre et les divisions provinciales en matériels et équipements ; (g) Redynamiser le Conseil National de la Femme et les conseils provinciaux de la femme ; (h) Appuyer les activités de la composante Genre.
73. La deuxième stratégie porte sur la mise en oeuvre des principes de non discrimination à l’égard de la femme et de parité homme et femme, tels que prévus dans la constitution. Les activités qui s’y réfèrent sont les suivantes :
(a) Réaliser une analyse situationnelle sur les inégalités et les disparités du genre ; (b) Actualiser le document des stratégies d’intégration le genre dans les politiques et programmes de développement en RDC ; (c) Elaborer la politique nationale sur le Genre ; (d) Organiser un atelier préparatoire du projet de loi de mise en oeuvre de la politique nationale genre par le parlement ; (e) Faire le plaidoyer auprès des responsables des partis politiques pour la prise en compte de la dimension genre au niveau du staff dirigeant et au niveau des listes électorales ; (f) Appuyer la mise en place d’une base des données sur les questions du genre au sein de la DEP du Ministère du Genre ; (g) Former 4 cadres nationaux et 22 provinciaux (hommes, femmes et jeunes) en leadership féminin et en techniques de plaidoyer ; (h) Organiser au niveau de chefs lieux des provinces des actions de communication pour le changement de comportement pour susciter l’éveil et l’engagement politique de la femme et de la jeune fille ; (i) Appuyer les activités de 8 centres de promotion de la femme ; (j) Organiser un atelier sur l’intégration des questions de genre dans les manuels d’éducation scolaire ; (k) Organiser 6 consultations dans le cadre des mécanismes de suivi de la CEDEF, Plate forme de Beijing, le statut de la femme, protocole de Maputo sur Genre et développement ; (l) Restituer les conférences internationales et régionales sur les questions de genre ; (m) Actualiser le guide biographique des femmes cadres et leaders (niveau national et provincial) ; (n) Célébrer les journées internationales en faveur de la femme et de la jeune fille en collaboration avec les organisations de la société civile et confessionnelles ; (o) Organiser le 2ème Forum national des ONG féminines.
74. La troisième stratégie porte sur la mobilisation des ressources en faveur des Activités Génératrices de Revenu (AGR) en collaboration avec la société civile. Cette stratégie sera mise en oeuvre à travers les activités suivantes :
(a) Organiser une table ronde pour la mobilisation des ressources auprès des bailleurs des fonds internes et externes ; (b) Renforcer les capacités du Ministère du Genre, Famille et Enfant en matière de mobilisation et de coordination des interventions sur les AGR en collaboration avec la société civile ; (c) Former les membres des structures d’encadrements et les bénéficiaires (ONGs des femmes et des jeunes) des micro- réalisations en gestion des AGR ; et (d) Octroyer les fonds, et faire le suivi de la gestion des AGR .
75. La quatrième stratégie consistera à l’intégration des questions de genre dans les processus de budgétisation. Cette stratégie sera mise en oeuvre à travers les activités ci-après :
(a) Faire plaidoyer à l’endroit des autorités de l’ECOFIN pour la prise en compte de la dimension genre dans la nomenclature du budget national ; (b) Former 15 cadres nationaux et provinciaux en matière de budgétisation sexo-spécifique ; (c) Faire plaidoyer à l’endroit du Parlement pour la prise en compte de la dimension genre dans le processus de budgétisation.
Produit 2 : Capacités institutionnelles et techniques des réseaux et organisations des communautés renforcées en vue de combattre les violences basées sur le genre
76. La réalisation de ce produit se fera notamment par l’atteinte des cibles suivants d’ici 2012 :
(i) Proportion de femmes victimes de violences basées sur le genre recevant une assistance judiciaire et juridique, un support psychosocial et une assistance ; (ii) Nombre de procés prononcés contre les
auteurs de violences sexuelles ; (iii) Nombre de cas de violences sexuelles rapportés et portés en justice ; et (iv) Nombre de leaders engagés dans la lutte contre les violences sexuelles et les violences basées sur le genre.
77. Ce produit sera réalisé par la mise en oeuvre des stratégies suivantes. La première stratégie met l’accent sur le renforcement des capacités des réseaux des femmes, des confessions religieuses, des jeunes, des medias et des organisations communautaires pour combattre les violences sexuelles et les violences basées sur le genre et promouvoir la planification familiale, la santé de la reproduction et la prévention contre les IST et le VIH/SIDA. Les activités à mener pour la mise en oeuvre de cette stratégie sont : (a) Former tous les réseaux et les ONG ciblés sur les violences basées sur le genre ; (b) Former les membres des réseaux et ONG ciblés sur l’élaboration et la gestion des projets, ainsi que les techniques de mobilisation des ressources ; (c) Doter les réseaux et ONG en matériels et équipements ; (d) Organiser la participation des réseaux et ONG ciblés aux conférences et voyages d’études ; (e) Former les leaders d’opinion sur les SGBV.
78. La deuxième stratégie sera axée sur l’ accroissement des efforts pour la prévention et la réponse aux violences sexuelles et violences basées sur le genre. Cette stratégie sera mise en oeuvre par l’exécution des activités suivantes :
(a) Appuyer les mécanismes de coordination en matière de lutte contre les violences basées sur le genre ; (b) Soutenir les activités des réseaux et des ONG ; (c) Organiser des actions de sensibilisation et d’éducation sur les droits humains en matière de violences basées sur le genre au sein de l’armée ;
|
|
|
|
| |
|
|